Discussion:Accueil

De Atelier des Lois
Aller à : navigation, rechercher

Je trouve que l'atelier des lois a un chapitre manquant, celui de l'aménagement du territoire.

L'aménagement du territoire est soumis à des dynamiques qui, incontrôlées, sont néfastes et conduisent à un gaspîllage des investissements. L'augmentation de la population, la modernisation des infrastructures et des logements, l'évolution des besoins, conduisent à renouveler constamment, mais petit à petit, notre cadre de vie. Il y a en outre une nécessité très largement reconnue de préserver et même réhabiliter les milieux naturels et les surfaces agricoles. Actuellement l'adaptation de notre territoire national à l'augmentation de la population, la modernisation des infrastructures et des logements se font largement au dépends de l'environnement naturel et de l'espace agricole par les effets de l'étalement urbain. C'est un premier phénomène. Il en est un second tout aussi important qui consiste en la désertion par l'activité économique de pans entiers du territoire. Nombre de villes, petites ou moyennes sont en train de se vider de leur substance. C'est un gâchis sur plusieurs plans.

C'est un gâchis économique tout d'abord car les infrastructures qui ont été nécessaires à leur viabilité existent, ce sont les routes, les voies de chemin de fer, les canaux, les lignes électriques mais aussi tout le bâti qui devient sous-occupé ... Quand les territoires et les villes se vident, le gestionnaire constate que le coût du maintien de ces infrastructures augmente rapporté au nombre d'habitants qu'elles desservent et il peut être tenté de les abandonner (et les bâtiments vides finiront, faute d'entretien par s'écrouler). C'est un gâchis économique quand on voit le coût exponentiel des infrastructures de transport qu'on est obligé de créer dans des espaces déjà saturés (voir le coût des nouvelles lignes du Grand Paris).

C'est aussi un gâchis culturel. Ces villes, ces bourgs, ces villages recèlent un patrimoine que les collectivités ou les propriétaires ne peuvent plus pourvoir à leur entretien faut d'activité pour le financer.

C'est un gâchis social car vivre dans les groupements urbains de petite ou moyenne taille épargne à leurs habitants les inconvénients résultant de la congestion des agglomérations de grande taille, car les pertes de population entrainent une paupérisation des collectivités locales qui ne peuvent plus répondre efficacement aux besoins de leur populations.

C'est enfin un gâchis politique car la démocratie locale s'exerce d'autant mieux que les collectivités existent en tant que telles et c'est beaucoup plus facile de faire exister une collectivité dans une agglomération de petite ou moyenne taille que dans une mégapole.

Bref, il serait nécessaire de retrouver les instruments d'une politique d'aménagement du territoire, les seules lois du marché ou de la concurrence territoriale ne peuvent s'y substituer. Réinstaller une DATAR nouvelle manière, orientée vers la valorisation du patrimoine et des infrastructures existantes, vers la préservation des espaces naturels et des espaces agricoles, vers l'adaptation de toutes les parties de la France à la réalisation de son potentiel économique a égalité est, de mon point de vue, nécessaire. Je propose qu'une proposition de loi soit mise en chantier dans le cadre de cet atelier des lois.